Intervenants

BIOLOGGING

 

Yossi LESHEM – Professor emeritus in the Faculty of Life Sciences at Tel Aviv University

Yossi is the most well-known ornithologist (bird researcher) in Israel. Yossi worked at the Society for the Protection of Nature in Israel (SPNI) since 1971, the leading NGO in Israel, was the CEO between 1991-1995, and acted as the SPNI council chairman till 2011. Yossi is a professor emeritus in the department of Zoology in the Faculty of Life Sciences at Tel Aviv University, and is the founder and Director of the International Center for the Study of Bird Migration at Latrun, Israel. Yossi is involved in many aspects of nature conservation, with emphasis on bird research for over 40 years. His research for his doctorate, which was conducted in cooperation with the Israeli Air Force, has resulted in a decrease of 76% in the number of collisions and has saved over one billion dollars, not to mention the numbers of lives. Yossi flew 272 days with a motorized glider, wingtip to wingtip with millions of birds, to map the migration over Israel. He serves as Lt. Col. (Ret.) in the Israeli Air Force and continues this research. In 2005 he won the prestigious Mike Kuhring Prize for achievements of high significance for improved flight safety concerning the bird problems of aviation, and for his mission to connect safety with nature conservation via education that gave bird strike prevention world wide appreciation. Until recently he was a member of the steering committee of the International Bird Strike Committee (IBSC). Leshem is involved in a variety of activities in bird migration research, in educational activities that take place in over 350 schools in Israel part of the cooperation with the Palestinians and the Jordanians, and has developed an Internet educational and scientific site (www.birds.org.il) called « Migrating Birds Know No Boundaries ». Yossi led several projects of using Barn Owls and Kestrels as biological pest control agents in agriculture in Israel, Jordan and Palestinian Authority which became a success story even in tense periods. Leshem is a recipient of the « Lifetime Achievement Award for Environmental Protection » in 2008, awarded during the sixty years events of the State of Israel by the President and the Minister of the Environment, and in 2012 was awarded the prestigious Bruno H. Schubert Award (first place) in Germany. In 2017 he was awarded an Honorary Fellowship from the Technion Israel Institute of Technology and the Lifetime Achievement Award from the Israel Society of Ecology and Environmental Sciences. Leshem has published seven books, scientific papers, and hundreds of articles in popular magazines. Leshem is 70 years old, married, with five children and seven grandchildren, and lives at Har-Gilo Field Center, near Jerusalem, Israel.

Developing co-existence between Migrating Birds and Aircraft in Israel – a Success Story

Israel is located at the junction of three continents. Over 500 million birds migrate twice a year over this global bottleneck. The Israeli Air Force (IAF) lost in three decades 11 aircraft, with three pilots killed and 75 collisions with damage over $1 million each. The research that Yossi led by using radars, a motorized glider, UAVs, satellite transmitters and a network of ground observers reduced the collisions by 76% since 1984, saving the IAF $1.3 billion, not to mention the lives of the aircrew saved.

 

Olivier DURIEZ – Maitre de conférence à l’Université de Montpellier / CEFE-CNRS (Chairman Biologging)

Enseignant-chercheur à l’Université de Montpellier depuis 2010. J’étudie les mécanismes comportementaux liés au mouvement, gouvernant l’utilisation de l’habitat et leurs conséquences sur la dynamique des populations chez les oiseaux. J’utilise une approche intégrative de la biologie de la conservation, à l’interface avec l’écologie comportementale, physiologie et écologie des populations. J’utilise beaucoup les techniques de bio-logging depuis 20 ans pour mes études de terrain.

 

Gwénaël DUCLOS – WIPSEA (Chairman Biologging)

Gwenael Duclos a fondé la société WIPSEA en mars 2013 après 15 ans en tant qu’ingénieur en vision industrielle et traitement d’images en temps réel à Thomson. Il a effectué une reconversion en 2011-2012 en suivant le Master IEGB. Pendant son stage, il a fait partie des premières personnes à mettre au point un logiciel capable de détecter la faune sauvage dans des photos prises par drone. Depuis WIPSEA s’est spécialisée dans ce domaine et est aujourd’hui constituée de 3 personnes dont un ingénieur-chercheur spécialisé en Deep-learning et un thésard CIFRE. WIPSEA développe des solutions logicielles pour les gestionnaires de parcs naturels et d’infrastructures, pour les chercheurs et bureaux d’études en écologie.

 

Guilhem MARRE – Doctorant à Andromède Océanologie 

Doctorant à Andromède Océanologie sur le développement de méthodes photogrammétriques pour l’étude et le suivi d’habitats sous-marins. Cette méthode innovante permet de reconstituer avec précision un objet ou un paysage en 3 dimensions. L’objectif de la thèse est de définir à partir de ces modèles différents indicateurs d’état écologique des habitats modélisés, et de suivre leur évolution dans le temps.

Benoit ROPARS – Ingénieur de recherche en robotique sous-marine

Ingénieur de recherche en robotique sous-marine travaillant sur les architectures matérielles et logicielles de systèmes mécatroniques complexes dédiés à l’exploration du milieu sous-marin. L’application directe de ces travaux est de créer des outils innovants permettant de parfaire nos connaissances de l’environnement sous-marin en simplifiant et automatisant les tâches à réaliser sur le terrain.

Rencontre entre robotique, photogrammétrie et écologie au service de l’étude des fonds sous-marins

La photogrammétrie permet de reconstituer en 3D des objets à partir d’images en 2D. Cette technique appliquée en milieu sous-marin permet d’obtenir des modèles 3D de structures immergées, habitats et paysages sous-marins qui peuvent ensuite servir à archiver des états zéro, analyser les changements structurels ou écologiques ou tout simplement communiquer sur les fonds sous-marins souvent méconnus du grand public. Durant cette communication nous présenterons la méthode d’acquisition actuelle (via un plongeur) et les développements en cours au sein du labcom R2C : instrumentation d’un scooter et système autonome. Puis, nous présenterons les perspectives d’analyse écologique.

 

Julie PAUWELS – Doctorante Muséum National d’Histoire Naturelle – Auddicé-Environnement

Je suis en 3e année de thèse au Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation (Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris). Ma thèse ayant une visée appliquée, je suis aussi encadrée par le bureau d’étude Auddicé Environnement. Mes travaux ont pour objectif de mieux caractériser le comportement des chiroptères (chauve-souris) face à l’éclairage public à l’échelle du lampadaire et à l’échelle d’une ville. Cela permettra de développer des outils pour améliorer la gestion de l’éclairage dans des milieux où les chiroptères peuvent y être particulièrement sensibles.

Etude des trajectoires de vol des chauves-souris grâce à une antenne de trajectographie

Les chiroptères (chauves-souris) sont considérés comme étant de bons bioindicateurs car leurs tendances de population tendent à refléter celles d’espèces plus basses dans la chaîne trophique telle que les arthropodes. C’est pourquoi de nombreuses techniques d’enregistrement ultrasonore et d’identification ont été créées pour étudier la répartition spatiale des espèces et des communautés de chauves-souris. Pour aller encore plus loin, un système de trajectographie a été développé afin de pouvoir déterminer la position en trois dimensions des individus en vol. A partir d’un ensemble de positions, on peut ensuite retracer des trajectoires et calculer la vitesse et l’accélération associées. Cette nouvelle technologie peut-être utile dans différent contextes afin d’étudier le comportement de vol des chauves-souris. La trajectographie est notamment utilisée pour mieux comprendre l’exploitation des éclairages publics par les chauves-souris comme zone de chasse. En effet, certaines espèces profitent de l’attraction que la lumière a sur les insectes en recherchant leur nourriture à proximité des lampadaires. La lumière artificielle ayant par ailleurs des effets néfastes sur les populations de chiroptère, une meilleure connaissance de leur comportement vis-à-vis des luminaires permettrait de mieux les préserver.

 

Maëlle CONNAN – Nelson Mandela University, Institute for Coastal and Marine Research, Marine Apex Predator Research Unit, Afrique du Sud

Maëlle Connan est une chercheuse sous contrat à Nelson Mandela University en Afrique du Sud. Elle étudie la structure et le fonctionnement des réseaux trophiques marins et comment ceux-ci évoluent dans le contexte des changements climatiques et des pressions anthropiques grandissantes. Elle combine les méthodes traditionnelles (e.g. étude des contenus stomacaux) à des marqueurs trophiques biochimiques (stable isotopes, lipides, analyses moléculaires) dans les études de réseaux trophiques marins avec un intérêt particulier pour les prédateurs marins supérieurs (i.e. oiseaux, mammifères marins).

Utilisation des isotopes stables dans l’étude des réseaux trophiques marins : exemple des prédateurs supérieurs

L’étude de la structure et du fonctionnement des écosystèmes est indispensable pour identifier et quantifier les potentiels impacts des activités humaines et changements globaux sur ces écosystèmes. Dans ce contexte, l’étude des réseaux trophiques occupe une place de choix. Par le passé, l’étude des contenus stomacaux des prédateurs était la méthode la plus utilisée en milieu marin. Depuis une trentaine d’années, l’utilisation des isotopes stables, particulièrement du carbone et de l’azote, a révolutionné l’étude des réseaux trophiques marins. Je présenterai deux exemples qui souligneront l’apport des isotopes stables du carbone et de l’azote dans les études trophiques des prédateurs marins supérieurs. Le premier exemple s’intéressera au mécanisme de partage des ressources au sein d’une communauté d’albatros se reproduisant en sympatrie sur l’île sud-africaine subantarctique Marion Island. Le second exemple combinera échantillons contemporains et historiques de dents d’otaries du Cap pour mettre en évidence un changement à grande échelle des réseaux trophiques namibien et sud-africain.

 

AGROÉCOLOGIE

 

Lionel RANJARD – Directeur de recherche à l’INRA de Dijon (Chairman Agroécologie)

Lionel Ranjard est directeur de recherches à l’INRA de Dijon dans l’UMR Agroécologie. Il est spécialiste en écologie microbienne du sol et anime des travaux sur la distribution spatiale des microorganismes dans le sol sur de grandes échelles spatiales et sur l’impact des pratiques agricoles sur la qualité microbiologique des sols. Il coordonne différents projets collaboratifs et participatifs dans ce domaine.

La Biodiversité des sols au service de l’agroécologie

Dans un contexte de transition agroécologique, le sol ne doit plus être considéré comme un simple support de production mais comme une matrice environnemental à même de rendre de nombreux services et fonctions d’intérêts pour les productions agricoles. En effet, il n’est plus à démontrer que les organismes telluriques jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement du sol : dynamique des matières organiques et cycles du carbone et de l’azote, bio-disponibilité des éléments nutritifs, dégradation de polluants organiques, rétention de polluants métalliques, action sur la structure des sols, barrière aux espèces invasives et pathogènes, etc. Par ailleurs, le sol représente la 3ème frontière biotique avec sa biodiversité qui correspond à 25% de la biodiversité totale. Même si une large part de la biodiversité du sol est encore méconnue la recherche a fortement investi depuis une 20aine d’années pour améliorer nos connaissances sur cette biologie du sol et les fonctions qu’elles portent. Dans ce contexte ma conférence portera sur les dernières avancées de la recherche en termes d’amélioration des connaissances sur la microbiologie des sols agricoles et sur l’impact des pratiques agricoles. J’aborderai aussi la définition de nouveaux indicateurs de la qualité microbiologique des sols basée sur les techniques de métagénomiques environnementales qui consite en une extraction et caractérisation de l’ADN du sol. Enfin, je relaterai une expérience de sciences participatives ou les chercheurs ont travaillé directement avec les agriculteurs pour transférer et échanger leur savoir et leurs outils. Les vecteurs de ce transfert passent par l’élaboration de formations et d’un tableau de bord d’indicateurs qui permettent à terme d’équiper les agriculteurs pour qu’ils puissent évaluer eux même l’impact de leurs pratiques sur la qualité de leurs sols et ainsi identifier les pratiques les plus agroécologiques.

Elisabeth D’OIRON VERAME – Secrétaire Général de Observatoire Français des Sols vivants (Chairman Agroécologie)

Elle a exercé pendant 15 ans une activité de consultante et chef de projet en organisation industrielle et administrative, et développé des compétences dans le pilotage des activités en réseau (tableaux de bord et indicateurs de performance, analyse des problèmes rencontrés, accompagnement du changement et formation). Riche de cette expérience, elle a contribué à la création de l’Observatoire Français des Sols Vivants en 2008, dont elle est actuellement Secrétaire générale. Elle a pris en charge le projet de fédérer les utilisateurs des sols autour de l’ambition suivante : créer, tester et utiliser les outils de mesure de l’impact des pratiques sur la qualité des sols, la rentabilité des pratiques, et la qualité des productions. Utilisés en commun avec la recherche, dans le cadre d’un réseau d’Expérimentation et de Veille à l’Innovation Agricole (REVA), ces moyens doivent permettre de comparer les pratiques et d’identifier celles qui sont déjà durables au titre de la triple performance, pour les décrire et les faire connaitre. Forte de son expérience industrielle, Elisabeth d’Oiron a développé une approche très participative au sein de l’OFSV, qui met en contact régulier les utilisateurs des sols et les chercheurs, pour un métissage professionnel générateur d’innovation dans toutes les professions impliquées.

 

Nicolas MUNIER-JOLAIN – Ingénieur de Recherche INRA Dijon

Ingénieur de Recherche à l’Inra, au sein de l’UMR Agroécologie de Dijon, je travaille sur la gestion de la flore adventice en grandes cultures, en vue de la réduction de la dépendance aux herbicides, notamment sur la base d’expérimentations de longue durée. Je participe à l’animation et la valorisation du réseau national de fermes DEPHY engagées dans la réduction d’usage de pesticides. Nous mettons en place à Dijon une expérimentation originale visant à tester les performances d’une agroécologie valorisant au maximum les processus biologiques et écologiques à l’échelle d’un paysage d’une centaine d’hectares.

L’agroécologie assurera-t-elle la multi-performance dans les plaines céréalières ?

L’agriculture est fortement incitée à modifier ses pratiques pour mieux concilier des objectifs importants de performance économique, de soutien au dynamisme économique des filières agro-alimentaires, avec des objectifs de respect de l’environnement et de la santé publique, et de préservation de la biodiversité et des ressources non renouvelables. La recherche et le développement agricole, travaillant conjointement, ont montré au cours des années récentes qu’il existe des possibilités techniques pour atteindre ces objectifs de multi performance. Mais les travaux se limitent le plus souvent à l’analyse des pratiques à l’échelle de la parcelle agricole, sans prendre en compte les bénéfices associés à des processus qui s’expriment à l’échelle du paysage. Par ailleurs, la profession agricole se pose souvent la question de la valorisation économique des produits issus d’une agriculture plus vertueuse sur le plan environnemental : Y a-t-il des possibilités de mettre en place des filières valorisant la qualité intrinsèque des produits et leur valeur environnementale pour concurrencer sur le marché mondial les volumes de bassins de production étrangers ? Y a-t-il des possibilités de labellisation et de communication pour entraîner les consommateurs dans cette tendance qualitative (« consommer sain, consommer local… ») ? Ces problématiques sont à la base du lancement d’un projet de recherche ambitieux piloté conjointement par l’Inra, AgrOnov et la coopérative Dijon-Céréales. Les objectifs sont d’évaluer si des systèmes relevant de l’agroécologie permettraient de concilier les différentes composantes de la durabilité.

 

Fanny BOUCHIRE – Business developper AGRONOV
AgrOnov – Amener les partenaires à favoriser le développement de l’innovation en France et en Europe

AgrOnov est une organisation à but non lucratif et le premier parc d’innovation en agroécologie en France. AgrOnov est dédié à soutenir les entreprises en lien avec l’agriculture dans leur développement et à diffuser leurs innovations sur le marché et dans les exploitations agricoles. AgrOnov donne ainsi l’opportunité aux entreprises de développer le réseau dont elles ont besoin pour amplifier leur croissance au service d’une agriculture de progrès conciliant rentabilité et responsabilité. AgrOnov met aussi à la disposition de ses utilisateurs une pépinière avec des bureaux, des espaces de rencontre et de convivialité, ainsi que des serres, des laboratoires et des champs expérimentaux. En tant que porte d’entrée vers un écosystème régional riche de compétences, AgrOnov vise également à identifier des entreprises étrangères qui bénéficieraient de celui-ci pour développer leurs innovations sur le territoire français et européen.

 

Ivan DESNEULIN – Chef de Projet METHANOV

Ingénieur en Génie Biologique, je suis spécialisé dans les bioprocédés des industries de l’environnement. Au sein d’AgrOnov, je suis responsable de la plateforme technologique de méthanisation MethAnov. Ma mission est d’animer et d’organiser les actions menées par l’ensemble des acteurs du projet, dans l’objectif de proposer une expertise de recherche, de développement, de formation et d’accompagnement au service des agriculteurs, industriels, collectivités, organismes agricoles et institutionnels.

MethAnov : Plateforme technologique de méthanisation dédiée au développement du procédé en voie sèche

La Bourgogne Franche-Comté est une région d’élevage avec des gisements important de fumier et de substrats solides méthanisables (résidus de cultures céréalières ou maraichères, couverts végétaux, CIVE/CIPAN, pailles et menues pailles…). La méthanisation en voie sèche est donc un procédé particulièrement bien adapté et permettant d’utiliser des volumes de réacteur plus faibles que la voie liquide (milieu moins concentré). La conduite des installations en voie sèche reste cependant aléatoire et les rendements méthanogènes sont encore faibles car la matière n’est pas valorisée de manière optimale. Le projet methAnov a été initié dans ce contexte par les différents acteurs régionaux de la filière. Il permet de répondre à une problématique régionale importante, à savoir : une forte demande (principalement agricole) pour développer des installations de méthanisation en voie sèche discontinue fiables, performantes et rentables ; une demande de soutien des installations existantes pour leur suivi et leur optimisation; une volonté politique forte de développer massivement la méthanisation agricole en s’adaptant aux substrats disponibles et en appliquant progressivement la technologie en voie sèche à des substrats non-agricoles ; le manque de centre de recherche et d’expertise sur la voie sèche discontinue dans les régions de l’Est de la France.

 

BIODIVERSITÉ & SANTÉ

 

Olivier DETOURNAY – Planktovie (Chairman Biodiversité & Santé)

Après avoir suivi un parcours classique de doctorat en immunologie du cancer à la faculté de médecine de Bruxelles, Olivier Detournay s’est très vite orienté vers la valorisation des espèces marines au travers la médecine et les biotechnologies. Depuis plus de 15 ans, Olivier étudie, développe et commercialise des produits marins issus de coraux ou de plancton. En outre, son implication dans des projets de recherche fondamentale continue à placer Olivier au coeur des dernières découvertes afin de développer des stratégies pour isoler, avec un haut taux de succès, des molécules d’intérêt à forte valeur ajoutée.

 

Sylvie HURTREZ – Université de Montpellier / UMR MIVEGEC (Chairman Biodiversité & Santé)

Je suis professeur dans le département de Biologie-Ecologie à la Faculté des Sciences de l’UM. J’enseigne la biologie des organismes, l’écologie et la biologie évolutive à tous les niveaux de la formation (du L1 au M2). Je suis directrice-adjointe du département d’enseignement, co-responsable de la mention de Licence Sciences de la Vie et de deux parcours de master : un parcours professionnalisant de médiation scientifique (Animation, Communication, Culture, Enseignement Scientifiques-SVT) et un à visée recherche en biologie des interactions (Dynamique des Interactions Parasite-Hôte-Environnement). Le mène mes activités de recherche dans l’Unité Mixte de Recherche Mivegec (Maladies Infectieuses et Vecteurs : Ecologie, Génétique, Evolution, Contrôle), dans le groupe Santé-Ecologie-Evolution. Au sein de ce groupe, je suis responsable de l’entité scientifique « Diversité biologique et santé ». Mes travaux portent sur les interactions épidémiologie-environnement : au moyen d’approches de biologie des populations et de phylogéographie, j’étudie la dynamique d’un macro-parasite, la grande douve du foie, en relation avec la diversité de ses vecteurs (mollusques dulçaquicoles) et avec les caractéristiques des systèmes hydrographiques dans lesquels ces mollusques prolifèrent. Mon principal site d’étude actuel est la Camargue et je mène également, au travers de collaborations, des travaux en Amérique Latine (Colombie, Argentine, Cuba etc). En dehors de mes activités d’enseignant-chercheur, je suis, entre-autres activités associatives, co-présidente des Ecologistes de l’Euzière, association pour la diffusion de l’écologie scientifique qui compte plus de 350 adhérents et emploie 18 salariés permanents. Je suis également mère de cinq enfants (âgés de 11 à 22 ans) que j’essaye aussi d’initier à l’écologie…

 

Gérard DUVALLET – Professeur Emérite – CEFE

Professeur des universités (émérite), entomologiste médical, co-éditeur de l’ouvrage ‘Entomologie médicale et vétérinaire’, Gérard Duvallet est également Président de la Société d’horticulture et d’Histoire Naturelle de l’Hérault, association pluridisciplinaire qui œuvre pour l’étude et la diffusion des sciences naturelles.

Insectes et Santé

La grande majorité des insectes jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes et nous rendent des services très importants : pollinisation, contrôle par prédation ou parasitisme des populations nuisantes, élimination des cadavres et des déjections, ressources alimentaires, etc. Un certain nombre cependant sont particulièrement néfastes soit par leur action pathogène directe : envenimation, allergies diverses, myiases, soit par la transmission potentielle d’agents infectieux : virus, bactéries, protozoaires ou filaires. Ce sont ces différents aspects qu’étudie l’entomologie médicale et vétérinaire.

 

Frédéric DARRIET – Chercheur à l’Institut de Recherche et de Développement

Entomologiste médical à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Œuvrant depuis trente cinq ans à la mise au point de nouvelles stratégies de lutte antivectorielle, il a dirigé de nombreux programmes de recherche en Afrique et en France. Ses travaux sur les moustiquaires imprégnées d’insecticide et plus récemment, sur les impacts des intrants agricoles sur la prolifération des moustiques ont acquis une renommée internationale.

Une composition anti-moustique à usage domestique combinant un engrais à un larvicide chimique ou biologique

La dengue, le chikungunya et le zika sont trois arboviroses transmises à l’homme par les moustiques Aedes aegypti (L.) et Aedes albopictus (Skuse). Deux milliards et demi de personnes vivent dans des régions de fortes endémies de dengue. Ces vingt dernières années, le virus chikungunya a de même étendu son aire d’endémicité à pratiquement toutes les îles et continents de la planète. Découvert en 1947 en Ouganda, le virus Zika a été détecté en mai 2015 au Brésil à la suite de quoi il s’est propagé de manière explosive dans plus de vingt pays en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Les femelles de ces deux moustiques pondent leurs œufs dans les collections d’eaux claires, domestiques et péri-domestiques comme les jarres, les fûts, les citernes, les gouttières, les boîtes de conserve, les pneus et les coupelles sous les pots de fleurs. Pour éviter leur prolifération, le plus simple consiste à éliminer physiquement les petits réservoirs susceptibles de contenir une eau au repos. Dans les environnements proches des habitations, les soucoupes sous les pots de fleurs sont connues des services de lutte antivectorielle pour abriter d’importantes populations de larves d’Ae. aegypti ou d’Ae. albopictus. L’attirance toute particulière de ce type de gîtes sur les femelles à la recherche d’un lieu de ponte est conditionnée, en partie, par la présence d’engrais dans l’eau. Les fertilisants chimiques les plus utilisés à des fins domestiques par les jardiniers amateurs et les ménages sont composés d’azote (N) de phosphore (P) et de potassium (K). Pour que les eaux contenues dans les soucoupes ne produisent pas de moustiques, il peut-être ajouter à l’engrais NPK qui fertilise les milieux de croissance des plantes, un larvicide biologique ou chimique qui tue les larves dès l’éclosion des œufs. Les larvicides spinosad, pyriproxyfen et diflubenzuron ont été choisis pour la fabrication des différentes associations NPK+larvicide. Ces trois larvicides sont recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour détruire les larves de moustiques qui vivent à l’intérieur des réservoirs d’eaux potables et autres contenants domestiques. Les formulations expérimentales ont été composées à raison de 0,1% de pyriproxyfen, 0,5% de spinosad et 0,25% de diflubenzuron par litre d’engrais NPK de formule 6-5-5. Les trois compositions ont été évaluées parallèlement à l’eau et à l’engrais seul, sur un total de cinq plantes en pot et leurs coupelles à l’intérieur d’une cellule de serre vitrée maintenue à 25 ± 2° C et 70% d’humidité relative. Dans les coupelles contenant de l’eau ou l’engrais seul dilué dans l’eau, 80 à 98% des larves et des nymphes d’Ae. aegypti se sont développées jusqu’au stade de l’adulte. La combinaison NPK+spinosad est restée pleinement efficace pendant un mois. Évaluées selon les mêmes modalités expérimentales, les associations NPK+pyriproxyfen et NPK+diflubenzuron se sont montrées parfaitement efficaces pendant 45 jours. Des essais supplémentaires en laboratoire ont montré que le diflubenzuron et le pyriproxyfen généraient, en plus de leur activité larvicide ou nymphicide, des effets qui altéraient à la fois l’éclosion des œufs (action ovicide), la fécondité des femelles et la fertilité de leurs œufs. Le problème que résoudraient les compositions engrais+larvicide serait l’élimination automatique et sélective des larves de moustiques présentes dans les sous-pots, à chaque fois que l’utilisateur distribue de l’engrais à ses plantes. Un nombre important de collections d’eau colonisées par Ae. aegypti ou Ae. albopictus pourraient être ainsi éliminés tout en ayant un impact très limité sur l’environnement. Ces soucoupes sont de surcroît des gîtes domestiques qui ne sont jamais traités par les services de lutte antivectorielle mais qui, néanmoins, restent prolifiques une bonne partie de l’année. Cette mesure de protection individuelle innovante, sans danger pour l’homme et les animaux, viendrait en appui aux actions menées par les services institutionnels de lutte antivectorielle. Un enjeu d’autant plus important à considérer que l’aire de distribution d’Ae. albopictus ne cesse de s’étendre dans les régions tropicales et tempérées, dont la France.

 

Pierrick LABBÉ – Université de Montpellier – Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier

Mes activités de recherches visent à comprendre comment une espèce s’adapte à son environnement et les répercussions de cette adaptation au niveau génomique. Mon modèle est celui de la résistance aux insecticides chez le moustique. Je cherche à comprendre 1) les bases génétiques de cette adaptation, notamment le rôle de duplications de gènes, 2) les conséquences en termes de valeur sélective de ces mutations adaptatives, et 3) la dynamique de cette adaptation en populations naturelles. Les techniques utilisées sont la biologie moléculaire, des expériences en cages à populations et la modélisation informatique. J’enseigne également au sein de la Faculté des Sciences de l’Université de Montpellier au cours de différents modules.

Les moustiques font de la résistance !

L’utilisation massive d’insecticides pour le contrôle des moustiques depuis le milieu du 20ème siècle a entrainé la sélection de mécanismes de résistance. Cette adaptation résulte de diverses mutations, notamment des variations de nombre de copies de certains gènes par duplication. Ces duplications de gène sont très répandues dans les populations naturelles mais leur rôle adaptatif reste mal connu. Nous avons étudié chez les moustiques les conséquences phénotypiques des duplications du locus ace-1 (codant pour la cible des organophosphates et des carbamates) et du locus Ester (codant pour des enzymes capables de détoxifier ces insecticides). Nous avons utilisé des approches intégratives, depuis le génome jusqu’à l’échelle des populations, pour étudier l’influence de l’architecture génétique et du dosage génique sur la valeur sélective des moustiques, en lien avec les variations environnementales. Notre travail a révélé une complexité intrigante: ces duplications portent différents nombres de copies, soit homogènes (avec plusieurs répétitions de l’allèle de résistance), soit hétérogènes (associant des copies sensibles ou résistantes). Ils sont associés à différents compromis évolutifs, et l’allèle sélectionné dépend donc de l’intensité et de la répartition des pressions de sélection environnementales. La versatilité des adaptations disponibles met en évidence l’importance de l’architecture des mutations dans l’adaptation aux variations environnementales. Les implications en termes de lutte contre les moustiques seront discutées.

 

Raphaël COLICCI – Entrepreneur Oleatherm

Raphaël Colicci démontre, en créant des conservatoires de variétés anciennes de fruits et de légumes, en sélectionnant des variétés riche en polyphénols pour créer des alicaments, qu’il est nécessaire de retourner aux valeurs attachées à la terre et sa fonction nourricière qu’ elle possède en plus une part de sacré.

Un passionné de la Terre

L’histoire de l’évolution de l’homme au fil des siècles démontre qu’il s’est sédentarisé, enraciné en un lieu, qu’il a cultivé la terre en sélectionnant au fil du temps des céréales, des légumes, des arbres, en élevant des animaux et ainsi créer son biotope dans sa biodiversité. L’industrialisation, la mécanisation et la mondialisation vont dégrader ce capital végétal et animal, 80 % a déjà disparu. Un patrimoine vivant, résistant aux maladies et qui faisait partie de notre écosystème a été détruit par des méthodes de culture intensive qui ont violé les lois de la vie fondamentale du sol, de l’eau et de l’air. Raphael Colicci démontre, en créant des conservatoires de variétés anciennes de fruits et de légumes, en sélectionnant des variétés riche en polyphénols pour créer des alicaments, qu’il est nécessaire de retourner aux valeurs attachées à la terre et sa fonction nourricière qu’ elle possède en plus une part de sacré.

 

GÉNIE ÉCOLOGIQUE

 

Thierry DUTOIT – Directeur de recherches CNRS – Institut Méditerranéen de Biodiversité et Ecologie (IMBE). Conseiller Scientifique « Ingénierie Ecologique », CNRS – Institut Ecologie et Environnement. (Chairman Génie écologique)

Directeur de recherches au CNRS, mes travaux concernent l’organisation, la résilience et la restauration écologique des communautés végétales. Les principaux objectifs au niveau fondamental sont une meilleure compréhension des théories d’assemblage de ces communautés. Les résultats sont ensuite appliqués à la restauration écologique d’écosystèmes dégradés via des techniques relevant d’une véritable écologie ingénieuriale (ingénierie écologique, génie écologique, bio-inspiration, écotechnologies, solutions basées sur la nature, etc.) en utilisant par exemple des espèces dites « ingénieurs des écosystèmes » dont sont attendus des rôles facilitant, notamment certains insectes (fourmis moissonneuses) ou végétaux (plantes nurses).

L’homme a-t-il plus de génie face à la nature pour la restaurer ?

Face à l’ampleur de la crise économique et environnementale, le génie écologique est un domaine en plein essor. Mais, quels sont les espoirs et limites de cette nouvelle relation entre l’Homme et la nature qui viserait à la piloter pour notre bénéfice réciproque ? Sommes-nous réellement capables aujourd’hui d’agir dans ce domaine aux mêmes échelles et avec le même succès qu’en ayant recours au génie civil ? Où se situent alors les besoins d’innovations et les seuils à franchir notamment pour la restauration des écosystèmes ? Face à la majorité des retours d’expériences qui montrent notre incapacité à restaurer ou recréer l’intégralité de ce qui a été détruit ; il faut aussi savoir s’interroger sur les possibilités de laisser s’exprimer la naturalité future des « nouveaux écosystèmes ». Quelle marge de manœuvre existerait-il alors entre ré-ensauvagement et restauration d’écosystèmes historiques ?

 

Alexandre CLUCHIER – Directeur Recherche et Développement et Directeur International d’ECOMED (Chairman Génie écologique)

Diplômé de l’Université des Sciences Montpellier II et de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Sorbonne, Paris) au sein du laboratoire de Biogéographie et Ecologie des Vertébrés (CEFE-CNRS, Montpellier), M. Alexandre CLUCHIER affiche plus de 18 ans d’expérience, dont 14 en poste chez ECO-MED, dans l’expertise écologique fonctionnelle et appliquée avec une spécialisation dans l’étude des vertébrés terrestres. En tant que Directeur International d’ECO‑MED, il a conduit de nombreuses études écologiques pour des projets d’aménagement et d’exploitation d’envergure en Europe, en Afrique et en Asie, notamment au Moyen-Orient. Par ailleurs reconnu au sein de la communauté scientifique pour son expertise des amphibiens et reptiles de France et plus largement du paléarctique occidental, M. CLUCHIER est responsable du pôle Batrachologie et Herpétologie d’ECO‑MED au sein duquel il anime une équipe de 6 experts spécialisés. En charge des programmes de recherche et développement de l’entreprise, il coordonne l’ensemble des collaborations avec les partenaires scientifiques et industriels et encadre l’ensemble des étudiants en thèse Cifre.

 

Camille CHAUVIN – Ingénieur de recherche – Elisol environnement

Docteur en agro-écologie j’oriente mes recherches vers la gestion de la biodiversité et la lutte contre les bioagresseurs dans les milieux agricoles et si possible, en intégrant les objectifs de production des agriculteurs. Je suis principalement spécialisé en botanique et dans l’analyse fonctionnelle des communautés de nématodes en tant que bioindicateurs des réseaux trophiques et du fonctionnement des sols. Aujourd’hui, j’ai rejoins l’équipe d’ELISOL-environnement, une société qui développe et commercialise des outils de surveillance de la qualité des sols basés sur l’utilisation des nématodes. C’est également un laboratoire d’analyses phytonématologiques et un centre de R&D. Les études des sols que nous proposons peuvent servir de base pour l’évaluation de pratiques agricoles (notamment celles basées sur les principes de l’agro-écologie), pour la réhabilitation et la gestion de site pollués, le suivi de site en restauration écologique ou la caractérisation des sols de zones naturelles.

La nématofaune : un bioindicateur permettant le suivi de la re-fonctionnalisation des sols en contexte urbain

En contexte urbain, la réhabilitation écologique des friches nécessite de recréer des écosystèmes fonctionnels en partant de sols dégradés et quasi-stériles (compactés, très pauvres en matière organique, imperméables, voire pollués). La re-fonctionnalisation de ces sols peut reposer sur la reconstruction physique des sols et/ou sur l’ensemencement et la plantation d’espèces végétales locales voir l’apport d’inocula de microorganismes adaptés. Ces techniques constituent une solution pour la gestion durable des sites dégradés en milieux urbains permettant d’éviter l’utilisation massive de terres végétales et contribuant plus généralement aux logiques de l’économie circulaire. Les technosols sont construits dans une logique de remédiation fonctionnelle des sols dégradés avec pour objectif de permettre un nouvel usage des sols, autre qu’un usage immobilier, comme par exemple sa reconversion en espaces végétalisés. Les sols refonctionnalisés peuvent ainsi régénérer de nouveaux services écosystémiques, tel que le support de la biodiversité, la séquestration du carbone ou l’infiltration de l’eau. Afin d’évaluer la cinétique de ré-acquisition des fonctions par ces technosols et leur capacité de support de la biodiversité, nous proposons une méthode de bio-indication du fonctionnement biologique des sols qui a été validé dans de nombreux contextes : l’étude de la nématofaune. Les nématodes sont des organismes pluri-cellulaires présents dans tous les milieux, ce sont les métazoaires les plus abondants sur terre. Du fait de leur grande diversité fonctionnelle et de leurs sensibilités aux conditions du sol, la composition des communautés de ces vers microscopiques est le reflet de l’état biologique et du fonctionnement du sol (eg. Les nématodes microbivores sont déterminants des flux de nutriments tandis que les nématodes phytoparasites sont déterminants de la productivité végétale). Ce bioindicateur a jusqu’alors été essentiellement utilisé pour caractériser des situations agricoles et, plus récemment des sites contaminés. Il peut permettre de caractériser les états des sols dans les sites en cours de réhabilitation, et peut être un indicateur précoce de re-fonctionnalisation de l’écosystème. Dans le cadre de la re-fonctionnalisation de sols, nous présenterons des résultats récents issus de différents contextes, acquis dans des projet achevés ou en cours (BIOTECHNOSOL, DANE, TROLL). Nous présenterons les résultats concernant deux types de sols construits : – Technosols : sols construits majoritairement à partir de recyclage de déchets et de sous-produits organiques et minéraux en plein champ ou sur des toits – Sols reconstruits : sols constitués en partie de terres superficielles ou plus profondes qui ont été rapportées et disposées en couches successives dans des carrières, des friches ou des espaces verts urbains. Les informations apportées par le bioindicateur Nématofaune du sol seront discutées.

 

Pierre DESCAMP – Biologiste et Gérant – Andromède Océanologie
SAFEBENT®, une méthode innovante de transplantation d’herbiers sous-marins de posidonie

Le projet d’extension en mer de Monaco nécessite d’importantes mesures de protection de l’environnement marin dans le respect de la séquence Eviter Réduire Compenser. Parmi ces actions, figure une mesure compensatoire expérimentale de déplacement de 500 m² d’herbiers à posidonie (Posidonia oceanica), une espèce protégée présente dans la zone d’emprise du projet. La méthode SAFEBENT® a permis d’atteindre cet objectif de transplantation au printemps 2017. Elle consiste à réaliser des prélèvements de mottes d’herbier ((0,785m² / 60cm épaisseur) avec une transplanteuse marinisée pour le projet et travaillant à partir d’un jackup puis à les déplacer sous l’eau jusqu’à la zone d’accueil. Les principaux avantages de cette méthode sont :

  • rapidité (environ 20 m² par jour)
  • conservation de la structure de l’herbier (matte et faisceaux)
  • conservation du sédiment
  • transport facilité

Les mottes d’herbier ont été réimplantées dans les fonds de l’aire marine protégée du Larvotto (350 m²) et au pied de la digue du port de Fontvieille dans des jardinières spécialement conçues pour le projet (150m²). Durant la communication, nous présenterons la méthode et les résultats obtenus à ce jour.

 

Eric PRIDO – Ingénieur – Environnement XM Coop

Eric Prido est un ingénieur diplômé de l’INPG, spécialisé dans la gestion de l’eau et de l’environnement. Depuis 12 ans, il intervient dans divers projets de restauration de la continuité écologique, restauration de cours d’eau et milieux humide, gestion durable des eaux pluviales, que ce soit comme consultant, chef de projets, expert technique ou maitre d’œuvre. Il a fondé Environnement XM en 2012 à Montréal, Québec, Canada, sous la forme d’une coopérative de professionnels indépendants et de petites entreprises. Revenu en France en 2016, il débute aujourd’hui un doctorat, dans le cadre des activités d’Environnement XM, en partenariat avec le Museum National d’ Histoire Naturelle (CESCO) : « Étude d’indicateurs multi-facettes de la biodiversité des petits aménagements en rivière ».

Le génie écologique au Québec, problématiques climatiques et administratives

Cinq fois plus grand que la France, traversé par de grandes rivières, dont le Saint Laurent, deuxième plus grand fleuve du monde, le territoire québécois impressionne par ses dimensions et par l’omniprésence de la nature et de la vie sauvage. Pourtant depuis longtemps, la santé des rivières et des forêts y est mise en péril par l’activité humaine: la densification des populations autour du Saint Laurent, la foresterie, l’exploration minière, la production d’énergie, l’agriculture intensive etc. Des opérations de restaurations y sont menés depuis une quinzaine d’année, notamment dans le domaine minier, menant à des expériences intéressantes de génie écologique. Des conditions climatiques difficiles, à cause des glaces et des crues de printemps, des milieux humides nombreux et fragiles, associés à un tissu urbain et périurbain proche des rivières et en plein développement, créent des enjeux considérables en matière de gestion durable des cours d’eau et milieux humides. La relativement récente législation environnementale, qui a permis le lancement d’actions de restauration écologique de milieux dégradés, reste très directive et dans certains cas peu complexifier les processus d’autorisation d’ouvrages de génie écologique. Le développement de projets de génie écologique y reste donc timide et les projets de références sont rares et souvent limités par des choix sécuritaires de génie civil.

Plan :

– Présentation du contexte général au Québec: lois sur l’eau et l’environnement, mesures de protection de la biodiversité et contexte hydromorphologique des rivières (régimes hydriques, caractéristique géomorphologiques, érosion et gestion des débits, présence des glaces et contexte climatique, batillage)

– Présentation des techniques « trop civil » régulièrement employées et raisons

– Présentation de divers ouvrages réalisés à l’aide de techniques de génie végétal et génie mixte, avant-après, principes de conception, succès échec

– Les auxiliaires écologique (champignons mychoriziens, phytotechnologies, etc)

– Perception du public et contexte socio-économique

– Intérêts plus généraux sur la qualité et la santé des cours d’eau et des riverains (conclusion)