Les Posters

EDITION 2019

 

POSTER SESSION 1

Ré-ensauvagement : quelles conséquences (risques et bienfaits) pour  la société et les écosystèmes ?

 

  • Marc Michelot : Le Tarpan, un disparu qui a de l’avenir !

Un sauvetage méconnu

Survivants à l’éradication du Cheval sauvage européen Equus ferus ayant vécu durant l’holocène, des chevaux sauvages ont fréquenté certaines régions d’Europe orientale jusqu’à une époque récente. Une souche de ces « tarpans », ayant conservé nombre de caractères primitifs malgré leur métissage avec les chevaux domestiques arrivés au néolithique, a été sauvée en Pologne au début du 20ème siècle. Une première tentative de réintroduction fut tentée dans les années 30 par le Pr Tadeusz Vetulani dans la forêt de Bialowieza, concomitamment avec le bison d’Europe. Interrompu par la seconde guerre mondiale ce projet ne fut pas repris par les polonais qui préférèrent valoriser les survivants de cette expérience dans un cadre national et hippologique. Le tarpan devint le Konik Polski, « petit cheval polonais » ! Cette appellation ambiguë ne fait pas référence à l’origine sauvage de cette souche. Par ailleurs, l’appellation tarpan reste valide car elle ne fait pas référence au véritable cheval sauvage disparu probablement dès le néolithique.

Quoiqu’il en soit, un groupe de « koniks », conservé dans des conditions naturelles, a été à l’origine de la « réintroduction » de cet équidé dans différentes réserves européenne, en particulier aux Pays Bas où il s’inscrit dans un processus de « dédomestication » et où il participe aux expériences de pâturage naturel, voire de rewilding, en compagnie d’autres grands herbivores.

Un phénotype sauvage caractéristique

Le phénotype du tarpan est particulièrement caractéristique : Taille réduite, robe grise, marques noirâtres communes à d’autres équidés sauvages et visibles sur certaines représentations pariétales du paléolithique.

Le tarpan, « gestionnaire » et animateur du territoire

Sa grande résistance naturelle et ses capacités d’adaptation aux milieux les plus divers sont des atouts remarquables pour un « gestion » naturelle de la biodiversité. On remarquera en particulier l’absence de tout traitement antiparasitaire, très toxique pour la petite faune, et une présence permanente sur les sites induisant une action importante sur la végétation buissonnante en période hivernale.

Enfin, à l’instar de quelques expériences européennes portées notamment par l’ONG Rewilding Europe, le tarpan pourrait favoriser un nouveau développement économique axé sur l’écotourisme de vision fondé sur le retour au sauvage.

En France le Projet Tarpan vise à valoriser ce cheval primitif autour de l’ensemble de ses potentialités et à conforter le type primitif par rétro-sélection (reprise du travail de T. Vetulani)

 

POSTER SESSION 2

Ré-ensauvagement : quelles contraintes, quelles méthodes ?

 

  • Amandine Ramos et Marc Michelot : Le bison d’Europe réapparaît en Europe occidentale

Durant l’Holocène, le bison d’Europe (Bos bonasus) occupait la plus grande partie du continent européen avant que l’homme ne le relègue dans quelques massifs forestiers orientaux à partir du moyen âge. La dernière population sauvage est exterminée en forêt de Bialowieza, en Pologne, en 1919.

Avec une douzaine d’animaux conservés en captivité, un programme de restauration de l’espèce à l’état sauvage a pu être réalisé à partir de 1952. Grâce à un plan de conservation international le bison d’Europe peut être aujourd’hui considéré comme sauvé avec plus de 5000 individus dont environ la moitié en liberté, essentiellement en Europe orientale.

Sa réputation d’animal strictement forestier provient d’un confinement artificiel dans ce type de milieu afin notamment de protéger les cultures. Néanmoins, dans un contexte naturel, le bison en tant que plus grand mammifère terrestre européen, est un véritable « ingénieur du paysage » qui contribue au maintien d’espaces ouverts qu’il affectionne tout autant que la forêt.

C’est à ce titre qu’il a été récemment réintroduit dans quelques réserves clôturées des Pays Bas et en particulier dans les dunes de la réserve de Kraansvlack, à l’Ouest d’Amsterdam. Les premiers suivis de son adaptation et de son impact sur la végétation de ce milieu dunaire, considéré a priori comme atypique, confirme sa plasticité écologique. Dans une région à forte densité de population, la présence de cette espèce spectaculaire constitue par ailleurs un pôle attractif indéniable.

Dans un contexte plus attendu, le bison d’Europe a fait l’objet en 2013 d’une réintroduction en « liberté surveillée » dans le massif forestier du Rothaar en Allemagne occidentale (Rhénanie du Nord – Westphalie). Cette réintroduction a fait l’objet d’une longue préparation tant sur les plans scientifique et zootechnique que socio-économique et touristique. Le groupe de bisons, dont la population est volontairement limitée, évolue librement sur une dizaine de milliers d’ha de forêt productive mise à disposition par un grand propriétaire. Les bisons libres restent très discrets en forêt mais un enclos de vision permet au public d’observer l’animal.

A moins de 100 km de la plus grande concentration urbaine d’Europe (Ruhr), cette expérience montre que le bison d’Europe en liberté n’est pas réservé aux « grands espaces inoccupés ». Des projets de ce type existent également en Suisse et en Espagne.

Quelles perspectives pour la France, où seuls deux enclos à vocation touristiques accueillent pour le moment cette espèce emblématique ? 

 

  • Otmane Maameri : protection et préservation 

Nous souhaitons attirer l’attention des organismes chargés de la protection et la préservation des zones humides, pour nous aider à classer notre complexe de zones humides  »Sanhadja-guerbes » comme parc naturel.

 

 

 

EDITION 2018

 

L’impact des activités de pleine nature est souvent évalué à partir de quelques espèces à statut, et ainsi sous-estimé. Un inventaire général de la biodiversité ou All Taxa Biodiversity Inventory (ATBI) est un processus d’inventaire coordonné de l’ensemble des espèces présentes dans un espace donné dont l’objectif est de faire progresser la connaissance taxonomique et chronologique et de mieux comprendre les communautés écologiques et leurs interactions au sein des écosystèmes.

Il contribue, autant que possible, à une évaluation patrimoniale du territoire et à la mise en place de suivis (Ichter j., Leccia m.-f., Touroult j., Blandin p., Aberlenc h.-p., Holtof j.-f., Foret j., Bonet r., Pascal o., Dusoulier f., Gargominy o. & Poncet l. 2018. les inventaires généraux de la biodiversité en France et dans le monde. revue des all taxa biodiversity inventories. ums patrimoine naturel (afb/mnhn/cnrs), parc national du mercantour. paris 51 pp.).

Un tel ATBI est mené sur le site de Païolive et permet une approche plus complète de l’impact des activités de pleine nature faisant apparaître des impacts beaucoup plus importants et irréversibles que les analyses habituelles ne le laissent paraître. La différence n’est pas seulement quantitative mais amène à un autre regard sur l’économie de ces activités qui, si l’on considère les services écosystémiques qu’elles consomment et ceux qu’elles altèrent, ont un bilan global négatif.

Le requin Peau bleu (Prionace glauca) est communément observé dans les eaux côtières du Golfe du Lion, mais l’impact humain grandissant au travers des pêcheries, le développement côtier et la pollution nécessitent le développement de mesures de conservation et de gestion pour cette espèce menacée.

Pour cela, il est indispensable de collecter des données concernant leur distribution afin d’évaluer l’état des populations présentes. Des résultats préliminaires issus d’un projet de sciences participatives lancé par l’association AILERONS depuis 2015 suggèrent que cette zone Méditerranéenne serait utilisée comme nurserie étant donné que (i) la plupart des observations concernent des juvéniles ; et (ii) des preuves de comportement de reproduction telles que des dommages corporels causés par des morsures ont été relevées à plusieurs reprises sur des femelles.

Ce projet dénommé « Grand Large » implique la Fédération Régionale de pêche ainsi que le Parc Naturel Marin du Golfe du Lion; et consiste en une collecte de données grâce à la méthode de pêche « no-kill » et des kits de prélèvement fournis par AILERONS.

Les pêcheurs sportifs remplissent tout d’abord un fiche d’observation permettant de relever les conditions de capture (date, coordonnées GPS, état de la mer et profondeur de capture) ainsi que les caractéristiques biologiques de l’individu capturé (maturité, taille et sexe).

Dans un second temps, ils collectent un échantillon d’aileron dans le but d’identifier des potentielles relations de parenté entre les individus capturés grâce à des analyses génétiques.

Ce projet possède donc un double objectif : à la fois sensibiliser les pêcheurs sportifs et collecter des données biologiques et écologiques sur une espèce menacée, qui peuvent guider des mesures de gestion pour la conservation de cette espèce.

POSTERS SESSION 2

Nous souhaitons présenter le fonctionnement de 3 types de réserves photographiques existantes du réseau international INNATE (respectivement en milieu agricole, dans un grand site naturel protégé/UNESCO et dans une petite réserve naturelle et PNR) afin de montrer : la gestion scientifique, administrative (partenariats PPP), touristique, économique et sociétale du modèle économique développé. Présentation de la 1e réserve française (en cours de montage), qui servira de « réserve test » pour accompagner les propriétaires/gestionnaires d’espaces naturels protégés en tant qu’exemple d’application concret autour duquel se retrouver, échanger et concevoir des stratégies adaptées à leur propre territoire.

En Novembre 2018, un projet de thèse en écothérapie (thérapie basée sur l’interraction par les sens entre les hommes et les éléments du paysage) en partenariat avec le CESCO (MNHN), CNAM, le CEN Aquitaine et deux entreprises Biodiv’airsanté et Cottos Médical. L’objectif de cette thèse est double :

1) mieux comprendre les liens entre espaces de nature et santé mentale, plus précisément dans le rétablissement d’un burn-out ;

2) définir des éléments structurants pour la mise en oeuvre opérationnelle de centres d’écothérapie en Nouvelle-Aquitaine. Ces travaux de thèse s’articulent à l’interface entre sciences humaines et sociales et sciences de la nature. Ils s’enrichiront de cadres conceptuels venant de la psychologie de la conservation (théorie de la restauration de l’attention, théorie de la restauration du stress), de la philosophie, de l’écologie et de la biologie de la conservation (services écosystémiques, Prévot et Geijzendorffer 2015). Ils seront mis en œuvre en interaction avec des médecins et des psychologues, pour intégrer les résultats dans un cadre plus général, notamment le Dr Thèrése Jonveaux neurologue, cheffe du service de soins de suite CHU de Nancy qui gère le projet du jardin « Art, mémoire et vie » accueillant les patients atteints de la maladie d’Alzheimer depuis 2010, et le Dr France Pringuey fondatrice de l’association française de biophilie et d’écothérapie. Ce travail permettra de mettre en place ou d’améliorer des actions régionales, mais aussi nationales :

  • Une amélioration dans l’aménagement du territoire en vue des nouveaux PLU (i).
  • Une valorisation de certains espaces naturels régionaux et nationaux.
  • Un début d’intégration de ce type de pratique au sein des centres médicaux.
  • Un soutien au développement de structures déjà existantes.
  • Une meilleure communication sur l’écothérapie sur le territoire.

Ainsi, après une breve explication de la pratique de l’écothérapie, nous expliquerons le projet de thèse et ses perceptives pour le territoire.