Le Programme Ecolo’Tech

L’inscription au congrès Ecolo’Tech est obligatoire. Intervenant·e·s et participant·e·s pourront profiter de la buvette sur place (payante) avec boissons (café, thé, jus), viennoiseries et fruits en attendant l’ouverture des conférences. 

La session 1 sera ouverte par une conférence de Yildiz AUMEERUDDY-THOMAS, Directrice de Recherche et Coordinatrice de l’Equipe Interactions Bioculturelles au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CNRS) et experte à l’IPBES et Verónica GONZÁLEZ GONZÁLEZ Consultante pour l’UNESCO – Climate Frontlines Africa coordinator, chercheuse à l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain. Cette ouverture se terminera par une séance questions/réponses de 20 minutes.

Intervenant·e·s et participant·e·s pourront consulter les posters et profiter de la buvette sur place (payante) avec boissons (café, thé, jus), viennoiseries et fruits en attendant les prochaines conférences. 

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Edgar HODYS, Alternative TechnologyPilotage du climat par modulation du CO2 atmosphériqueLa concentration de gaz a effet de serre atmosphérique est une composantes majeure qui agit directement sur le climat. Parmi ces gaz à effet de serre le CO2 joue une rôle essentiel. Il est donc essentiel d’en modeler la quantité. Pour ce faire de nouvelles technologies ont vu le jour qui permettent de régler la concentration de CO2 atmosphérique, c’est que nous allons présenter et qui restitue, par électrolytes, du C solide et du O2 gazeux. Cette technologie est application directe de nos générateurs d’énergie électrique de technologie propriétaire dite RERM.

Sarah LETAÏEF, Laboratoire G2ZOComment les végétaux révèlent-ils une dissymétrie des dépôts de polluants de part et d’autre des autoroutes A9/A709?Cette étude fait partie d’un plus large projet qui se focalise sur le rôle de quatre merlons arborés dans l’amélioration de la qualité de l’air aux abords d’une autoroute de 12 voies de circulation à l’Est de Montpellier. La mise en place de plusieurs structures anti-bruit a permis d’atténuer de manière significative l’impact sonore du trafic au niveau de Saint-Aunès, petite ville de 3500 habitants située dans la zone péri-urbaine de Montpellier. Il s’agit de 3 merlons arborés de géométrie classique, monticules de terre de plusieurs mètres de haut posés directement sur une topographie sub-horizontale ainsi qu’un merlon posé sur un escarpement artificiel crée lors de la construction de l’autoroute qui a la particularité d’être surmonté d’un mur anti-bruit de 5m de hauteur. Nous proposons d’étudier le rôle de ces configurations sur la captation des particules fines issues du trafic autoroutier en mesurant les propriétés magnétiques et géochimiques de leur dépôt sur des surfaces accumulatrices comme le sol, les filtres artificiels et les feuilles d’espèces végétales présentes sur les merlons.

Juliette LANGLOIS, Laboratoire MARBECLa perception esthétique des récifs coralligènes est-elle représentative de leur santé et de leur valeur écologique ?La biodiversité́ terrestre est menacée par une vague d’extinctions massives et de nouvelles mesures de conservation doivent être mises en place. Promouvoir les services écosystémiques culturels (CES) peut être un moyen efficace de motiver à la conservation. L’un de ces CES, la perception esthétique des paysages est un des piliers de cette stratégie puisqu’elle reflète la dimension affective de la relation que l’humain entretient avec la nature. La perception esthétique d’un paysage peut être source d’inspiration, de réconfort, augmenter le bien-être de l’observateur. Les récifs coralligènes sont l’un des écosystèmes les plus riches mais également les plus vulnérables de la mer Méditerranée, menacés par des pressions anthropiques très fortes. Comprendre comment cet écosystème menacé produit, à travers sa biodiversité une réponse émotionnelle du public peut nous aider à actionner un important levier de motivation pour sa conservation. A partir de l’évaluation antérieure de la valeur esthétique de 95 récifs coralligènes de Méditerranée française par des humains, le score esthétique de 7768 photos a été calculé grâce à un algorithme de deep learning. Pour quantifier et caractériser les liens entre l’évaluation factuelle de l’état écologique des récifs coralligène et la perception humaine de cet écosystème, le score esthétique a été comparé à des mesures environnementales et de biodiversité. Enfin, les distributions géographiques du score esthétique et d’un indice compilant les diversité taxonomique, phylogénétique et fonctionnelle ont été comparées. Les résultats soulignent le fort impact de la diversité́ fonctionnelle, de la présence ou absence de certaines espèces et de la diversité́ taxonomique sur le score esthétique. La cartographie quant à elle met en lumière le biais existant entre la santé des écosystèmes, leur valeur écologique et la perception de leur esthétisme par l’œil humain. Une éducation à la biodiversité́, basée sur la compréhension du fonctionnement des écosystèmes et dispensée dans un contexte d’expérience esthétique engagée, pourrait être envisagée pour réduire ce biais.

Anne-sophie TRIBOT, Laboratoire TELEMMe et Institut Méditerranéen d’OcéanologieProjet BiodivAquart : La biodiversité aquatique dans l’artLe projet BiodivAquArt, pour Biodiversité aquatique dans l’Art, consiste à utiliser les représentations passées de la biodiversité pour mieux comprendre la relation Homme-Nature. Fruit d’une collaboration établie entre un historien (Daniel Faget) et un biologiste (Thomas Changeux), ce projet transdisciplinaire propose d’appliquer les méthodes quantitatives de l’écologie à l’ensemble exceptionnel constitué par les œuvres d’art produites en région méditerranéennes depuis l’Antiquité. En tant que projet d’écologie historique, BiodivAquArt part du principe qu’une meilleure connaissance des situations passées va permettre de mieux appréhender les enjeux contemporains de conservation de la biodiversité et de gestion des ressources exploitées par pêche.

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Il n’y a pas de repas le midi prévu sur place. Attention, vous serez autorisé à manger seulement à l’extérieur du bâtiment.

La session 2 sera ouverte par une conférence de Léa SÉBASTIEN, maître de conférences en géographie à l’université Toulouse 2 Le Mirail, chercheuse au Laboratoire Aide à la résolution de conflits environnementaux et Magali ROSSI, Chargée de mission développement régional pour Forest Stewardship Council.

Intervenant·e·s et participant·e·s pourront consulter les posters et profiter de la buvette sur place (payante) avec boissons (café, thé, jus), viennoiseries et fruits en attendant les prochaines conférences. 

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Arnaud LE BEUZE, Service Eau Rivières AssainissementL’approche transversale comme levier de changementLe Service Eau Rivière Assainissement de la communauté de communes Lodévois et Larzac a entamé depuis 2018 un rapprochement avec tous les acteurs ou intervenants de son territoire qui s’est concrétisé autour de la mise en place d’un Observatoire des Milieux et comme lauréat d’un appel à projet Biodiversité et la mise en place d’un ambassadeur de la biodiversité. En faisant appel à l’ingénierie de la concertation, la position des différents acteurs s’est précisé au cours du temps et occupe aujourd’hui un champ transdisciplinaire, des sciences dures à la culture où le respect, la découverte de l’environnement et les risques qui pèsent sur lui sont déclinés sous toutes leurs formes pour toucher tous les publics et induire un changement des regards et des comportements.

Annabelle PRIN-COJAN, être et avoirQuelles sont les attentes écologiques des individus envers leur employeur et le territoire ?Cette session présentera les résultats d’une étude scientifique qui explore les mécanismes de changement de comportements des individus, des organisations et des territoires en faveur de la biodiversité. Elle est le fruit d’une collaboration entre deux laboratoires de recherche le CEREGE (Université La rochelle) et le CREGO (Université de Bourgogne) et d’Annabelle Prin-Cojan, Fondatrice d’Être et Avoir. Nous entretenons des relations de dépendance complexes vis-à-vis des entreprises pour lesquelles nous travaillons et qui produisent ce que nous consommons, des territoires dans lesquels nous vivons, et des écosystèmes naturels qui assurent des fonctions vitales pour notre espèce. La session commencera par la présentation de l’étude scientifique : 1) état de l’art, modèle et hypothèses de recherche ; 2) méthodologie et résultats ; 3) discussion et pistes d’applications en fonction des types d’interlocuteurs : citoyen/collaborateur/entreprise/décideur public (territoire). La session développe la réflexion suivante : A) à la suite des accords d’Aichi, il nous est difficile d’envisager la transition écologique autrement que par des prises de consciences qui se traduiraient par de nouveaux comportements dans les différents champs d’action concernés : consommation, engagement citoyen, décision en entreprise et décision publique B) pourtant, même s’ils sont le fruit de nos actions intentionnelles, nos systèmes possèdent leurs propres dynamiques et échappent en partie à notre maîtrise, au même titre que les écosystèmes. C) nous proposons de ne pas réduire le problème à la question de la rationalité des décisions mais d’intégrer les systèmes dont nous dépendons pour mener nos existences. D) cette compréhension est essentielle pour mieux comprendre les leviers dont nous disposons pour protéger la biodiversité. Nous pressentons que les individus ressentent lorsqu’ils ont un lien avec la nature (soit enfance soit présent) les bénéfices apportés par la nature et que l’envie de la protéger et de réduire son impact est intimement lié à l’expérience personnelle. Pourtant le lien n’est pas forcément fait dans l’entreprise ou dans le territoire et le sentiment de d’impuissance revient souvent. De part cette étude nous souhaitons encourager les comportements vertueux personnels sans barrière entre les différents cercles individuels/travail/lieu d’habitation et mettre en avant pour les entreprises/organisations et territoires la nécessaire implication sur cet enjeu central. Nos expériences de professionnels et de chercheurs nous ont confortés dans l’idée suivante : le partage de connaissances sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés et des mécanismes qui limitent nos capacités à les résoudre est un moteur pour l’action. Ce constat concerne autant le grand public que les spécialistes. Après l’échec des objectifs 2020, nous risquons de voir des positions de plus en plus radicales se développer avec comme corolaires la défiance et les procès d’intentions qui bloquent l’action. Or les conflits sont inhérents à la situation inédite que nous vivons. La recherche en sciences de gestion que nous réalisons vise à contribuer à maintenir ce dialogue constructif entre acteurs économiques et territoriaux engagés pour la conservation de la biodiversité.

Amélie GENGE, EcoconsultCompensation écologique et circularité des projets d’aménagement et d’énergies renouvelablesAu vu des rapports publiés en 2019 par l’IPBES sur l’état de déclin avancé de la biodiversité, et par le GIEC sur l’urgence à agir pour maintenir un niveau de réchauffement climatique le plus bas possible, nous sommes dans une période transitoire essentielle en matière de gestion des activités, projets, territoires et ressources. Ce sujet complexe à enjeu fort a vocation d’aborder le changement des pratiques d’aménagement du territoire à effectuer en profondeur face aux crises sociétales actuelles (climatiques, sanitaires, environnementales). C’est dans ce cadre que la compensation écologique et le principe de circularité prennent tout leur sens. A l’aube du changement fonctionnel de notre société, il est important d’avoir une vision transversale de nos méthodes. Cela s’illustre notamment par le passage de l’économie linéaire actuelle à l’économie circulaire future, de l’étude plus fine des ressources générées par les activités, composantes des territoires à mettre en lien, émergence de nouveaux espaces pouvant être protégés, et espaces dédiés au maintien, adaptation et développement des activités. La PPE fixe l’objectif d’une accélération du développement des énergies renouvelables. Le système énergétique sera alors capable d’atteindre les objectifs de la loi pour 2030. La réglementation française s’est également densifiée pour réduire l’artificialisation des sols, jusqu’à atteindre l’objectif 0 artificialisation pour 2030 dans le cadre du Plan Biodiversité 2018. Nous sommes face à un défi majeur multifactoriel pour les maîtres d’ouvrages et les territoires : nous devons à la fois augmenter les capacités d’énergies renouvelables, en améliorant les parcs existants et développant de nouveaux projets, tout en améliorant les pratiques pour préserver biodiversité et écosystèmes. Comment faire concrètement ? Plusieurs étapes : identification des territoires, quantification de la compensation, localisation des opportunités de compensation. Il est important d’avoir une vision systémique et de bien connaître les spécificités des territoires impactés et limitrophes pour envisager une compensation efficiente. Une bonne connaissance des acteurs permet également de mettre en œuvre une compensation circulaire. Les opérateurs peuvent mutualiser leur compensation et impliquer les experts locaux dans son animation. Il est essentiel de s’interroger sur les méthodologies de caractérisation des mesures environnementales, la différence constatée entre théorie et pratique à posteriori de leur définition, leur coût, leur impact sur l’environnement. La nécessité de préservation des ressources doit être pris en compte par les maîtres d’ouvrages dès l’élaboration de leurs projets en phase d’évaluation environnementale afin qu’ils soient en adéquation avec les enjeux territoriaux.

Adrien BRUNEL, Laboratoire MARBECAccount for uncertainty in Marine Spatial Planning : Monte-Carlo approach within reserve site selection tools Marine environment is now seen as tomorrow’s «blue growth» areas while already being at the heart of multiple anthropic pressures (fishing, aquaculture, shipping routes, seabed exploitation, recreational activities, renewable energies, etc.). Marine Spatial Planning (MSP) places itself as a rational collective decision-making process regulating marine use of space and resources in order to reduce tensions between use and conservation but also between ocean stakeholders. Consequently, MSP broadly diffused and eventually emerged as the favoured governance method among management institutions in the frame of sustainable development. Collective mobilisation is inherent to MSP because its process relies on spatially explicit cross-disciplinary data (ecological, legal, social, economic, etc.). In this evidence-based systematic framework, decision support tools (DST) turned out to be inevitable to rationally enlighten the decision-making process. Conservation institutions identified marine reserve as an essential part of the solution to ensure biodiversity persistence. In particular, the International Union for Conservation of Nature (IUCN) sets an ambitious goal of 30% protection for each marine eco-region against less than 8% today. Consequently, systematic reserve site selection tools are needed to avoid ad-hoc and opaque conservation choices. Reserve design DSTs thus quickly became a worldwide research and operational stake. Since the 1990s, reserve site selection problem is consensually understood within an integer programming framewok. Besides, recent emergence of efficient exact optimisation solvers makes possible to consider methods that unreasonable in the past. Accounting of uncertainty in reserve selection is a clear identified research gap and further developments are vital for planners to allow robust choices for biodiversity persistence through time. This statement makes even more sense for tropical coastal countries especially concerned by the climate change and data-poor context. Therefore, a Monte-Carlo approach combined to exact integer programming solvers will be proposed. Indeed, such approach allows to represent and a posteriori account for uncertainty in reserve site selection problems in a quite simple and low effort way. A priori account for uncertainty with exact solvers will be introduced as a future work perspective. Practically, our study case for scenarii simulation takes place in Fernando de Noronha archipelago in Tropical Atlantic.

Alicia MALLET, P2A DéveloppementProgramme d’étude et de valorisation d’une ressource marine, la « noisette de mer »Les mollusques marins font partie des pêcheries d’invertébrés les plus importantes du monde. Certaines espèces ont une grande valeur commerciale sur les marchés internationaux et jouent un rôle social important dans le secteur de la pêche petit métier. La noisette de mer, Nassarius mutabilis est un gastéropode marin, surexploité en Adriatique depuis plus de 10 ans. Le manque de connaissance de l’espèce est un véritable obstacle à la mise en place d’un plan de gestion durable de la ressource. En France, 5 tonnes sont pêchées par semaine dans le Golfe du Lion et aucune mesure de gestion ne sont mise en place actuellement. Les enjeux écologiques et économiques liés à cette espèce ont permis de mobiliser les fonds européens pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) pour la mise en place d’un projet de grande ampleur, sur une durée de 3 ans impliquant la mobilisation de nombreux organismes (professionnels de la pêche et leurs organismes de gestion, scientifiques, Centre d’étude pour la promotion des activités lagunaires et maritimes et bureau d’étude). Les études biologiques, menées notamment sur le cycle reproducteur de l’espèce font l’objet d’une publication scientifique. Les résultats ont permis d’approfondir la question de l’hermaphrodisme séquentiel décrit par les études Italiennes (Polidori et al.,2015). D’autre part, nos résultats pourraient expliquer les échecs de gestion mis en place en Italie jusqu’à présent. Au-delà des aspects économiques important pour la pêche et des enjeux écologique de conservation de la biodiversité, ce programme fait l’objet d’un exemple de sensibilisation auprès des principaux acteurs influents sur de nombreuses espèces marines.

La Société Française d’Écologie et d’Évolution (SFE²), Humanité et Biodiversité (H&B), l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) et la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) s’associent afin de promouvoir « l’écologie impliquée » en offrant chaque année une bourse de 5000 euros. Cette bourse en hommage à Robert Barbault et Jacques Weber peut être utilisée pour financer une partie spécifique d’un projet plus vaste faisant appel à d’autres sources de financement.

Contenu en cours de réalisation.

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Session 1 : La Nature source de savoirs

Sandro CASAGRANDE, Grotte de ClamousseDécouvrir, comprendre s’émerveiller !Nous avons pour vocation depuis la découverte de notre site naturel (classé par le ministère de l’environnement ) de le protéger tout en partageant la beauté du site mais aussi les découvertes que nous faisons chaque année ! Aujourd’hui la meilleure façon de partager nos connaissances c’est d’utiliser la médiation scientifique. C’est ainsi que nous avons comme devise «  »Découvrir, comprendre et vous émerveiller » » ; depuis nous constatons un bel engouement pour l’étude de la nature au sens noble, mais surtout un grand intérêt pour la préservation de celle-ci.

Safia ABLA, Université Alger 1 – Plantes à intérêt médicinal et aromatique de la forêt périurbaineEn Algérie, la forêt périurbaine joue un rôle important et primordial aussi bien sur le plan environnemental, paysager, et social. Cependant, les connaissances sur l’intérêt de la flore de cet habitat demeurent très rare voire inexistantes. Le présent travail vise ainsi à mettre en évidence l’intérêt médicinal et aromatique de la flore de la forêt périurbaine de 19 Juin qui appartient au sous-secteur littoral. Pour répondre à notre objectif, nous avons réalisé des relevés phytoécologiques en prenant en considération la diversité écologique de cette zone. Cette étude a été complétée par la réalisation des enquêtes sur le terrain auprès de la population locale, afin de déterminer les espèces à intérêt médicinal et aromatique. Les résultats obtenus montrent l’existence de 138 espèces appartenant à 39 familles botaniques, les trois premières familles les plus représentatives sont les Astéraceae avec 24 espèces, les Poaceae avec 17 espèces et la famille des Fabaceae qui contient 16 espèces. L’analyse de l’intérêt médicinale et aromatique de cette flore nous a permis de recenser l’existence de 75 espèces soit 54% de la flore totale, dont 70 espèces présentent un intérêt thérapeutique et 1 espèces sont dotées de valeur aromatique. L’approche phytoécologique révèle que les formations végétales les plus riches et les plus diversifiées en espèces médicinales correspondent aux formations forestières basses, peu denses, à Pinus halepensis et Olea europea qui abritent 34 espèces, soit 25% de la flore totale et aux matorrals hauts, très denses, à Quercus coccifera où se développent 23 espèces soit (17%) à valeur thérapeutique.

Ce travail souligne la nécessité de faire une évaluation des autres aspects de la flore dans les forêts périurbaines de l’Algérie, notamment les espèces mellifères et ornementales, afin d’assurer une gestion durable de ses écosystèmes.

Marzieh DERAKHSHANNIA, LIRMMLa perception esthétique des récifs coralligènes est-elle représentative de leur santé et de leur valeur écologique ?Data lakes have recently emerged in computer science to manage big data. They consist of centralized raw data repositories that store all kinds of heterogeneous data in any structures with the aim of keeping them available for future analysis. The name of data lakes has been inspired from nature as they contain large volumes of “sleeping” data that must remain as clean as possible so as to not become so-called “data swamps”. In previous works, we have provided a comparison between data lakes and natural lakes. We have focused on the data life cycle, integrating data death. Data is then seen as genetic material that can be preserved, crossed, destroyed, etc. For instance, the natural lake is a reservoir of water with many organisms which are reproduced, maintained and disappeared according to the natural selection principles. As a data lake is considered as an ecosystem, raw data acts like species in these repositories. Therefore, the huge volume of data that are ingested into data lakes in any formats and structures, leads to data heterogeneity. The regulations that are performed through the mechanism of natural selection, could be executed for data management and data governance in data lakes which have been inspired by the natural lake. We thus consider the data lake and all its components as an ecosystem. Other works have considered the copy of ecosystems. In particular, works have been proposed to understand and modelize organisational management. The ecosystem consists of a huge amount of components (animals, plants, micro-organisms) that contribute to each other in a strategic manner to produce biodiversity. Hence, the mechanisms and disciplines which nature applies to create the value chain, could be the efficient patterns for organizational structures and behaviors. In this paper we propose to continue this work by transferring the existing works on “organizations seen as ecosystems” to “data lakes seen as an ecosystem

Siham MEDIKECHE, Université Alger 1 – Impact du phénomène de matorralisation sur la diversité paysagère de l’Atlas BlidéenLes paysages forestiers du Nord de l’Algérie se caractérisent par leur forte homogénéité, notamment en basses altitudes, à travers la dominance de formations de matorrals à sous-bois très dense, où la régénération naturelle des essences forestières est quasiment absente. Pour mieux comprendre l’impact du phénomène de matorralisation sur la diversité des habitats forestiers, notre travail s’est focalisé sur les paysages de piémonts de la partie centro-orientale de la réserve de biosphère de Chréa. Pour ce faire, la diversité végétale a été analysée à deux niveaux de perception. Le premier est celui de paysage, à travers l’analyse de la carte d’occupation du sol de l’année 2017. Le second niveau est celui de l’écosystème, en adoptant une approche phytoécologique qui permet de déterminer les différents groupements végétaux selon les facteurs mésologiques, ainsi que la perturbation par le feu qui domine dans cette zone. Les résultats obtenus montrent que la végétation de la zone d’étude s’organise sous forme de matorrals, découlant de l’évolution régressive de deux séries thermophiles de végétation, à Pinus halepensis Mill. et à Quercus suber L. La première série est représentée par une seule unité d’occupation du sol. Il s’agit des matorrals moyens à pin d’Alep qui couvrent 45 % de la superficie totale. Les formations qui dérivent de l’évolution régressive de la série de chêne liège sont, cependant, plus diversifiées avec trois unités d’occupation du sol : les matorrals hauts à Quercus suber, les matorrals moyens à Quercus suber et la cistaie à Cistus monspelliensis L. Ces trois formations végétales représentent 32 % de la superficie totale. L’approche phytoécologique montre que les deux séries de végétation s’opposent selon un gradient topographique lié à l’exposition. En effet, les matorrals à pin d’Alep occupent les expositions chaudes, sud et ouest, par contre ceux à chêne liège dominent sur les orientations fraiches, nord et est. Cette approche montre également que la cause principale de matorralisation des formations forestières est due aux incendies intenses et récurrents, notamment durant les quatre dernières décennies. Cette perturbation, souvent d’origine anthropique, est accentuée en expositions chaudes par les conditions météorologiques défavorables, induisant ainsi une diminution de l’hétérogénéité paysagère.

Session 2 : La Nature comme objet de mobilisation collective

Simon TARABON, IMBE et SOBERCOLa prise en compte du fonctionnement des continuités écologiques dans l’aménagement des territoiresLa biodiversité est confrontée à une érosion accélérée et est devenue une préoccupation environnementale mondiale ces dernières décennies. En France, la séquence Éviter–Réduire–Compenser (ERC) est un des outils réglementaires mis en place dans un contexte de destruction et de fragmentation des nombreux habitats d’espèces perturbant le bon fonctionnement de leur cycle de vie. Elle vise notamment l’absence de perte nette de biodiversité dans le cadre des projets d’aménagement. Néanmoins, bien que les récentes évolutions réglementaires européennes et françaises permettent de mieux tenir compte du fonctionnement des écosystèmes, le triptyque ERC est généralement appliqué sans se soucier du fonctionnement des écosystèmes dans l’espace. Ce travail repose donc sur l’hypothèse que les principales difficultés rencontrées par les acteurs de la démarche sont en partie d’ordre méthodologique et technique. En positionnant nos travaux à l’interface entre recherche et opérationnalité, nous proposons un cadre méthodologique multiscalaire basé sur plusieurs approches de modélisation pour répondre à différents défis scientifiques et opérationnels. Nous proposons d’une part d’intégrer les enjeux spatio-temporels de la biodiversité à l’ensemble de la séquence ERC, de l’évaluation des impacts potentiels au dimensionnement des mesures écologiques, à l’échelle des projets opérationnels. Cette approche a été développement avec le cas précis de l’aménagement du Grand Stade de Lyon. D’autre part, nous explorons les implications d’une démarche anticipée et planifiée de la séquence ERC à l’échelle de la planification. Pour cela, nous avons étudié conjointement les dynamiques urbaines et écologiques à l’horizon 2040 dans le cas de la Métropole de Toulouse. Cela permet ainsi d’éviter les secteurs à forts enjeux écologiques dans les stratégies d’urbanisation, d’évaluer les impacts de différents scénarios d’étalement urbain et de mettre en place une stratégie anticipée de compensation en assurant l’absence de perte nette sur les habitats d’espèces et leur connectivité. Ce travail, mené au sein du bureau d’études Soberco Environnement, en partenariat avec les laboratoires de recherche IMBE et CITERES, propose une approche globale pour améliorer la prise en compte des fonctionnalités écologiques à différentes échelles spatiales et temporelles et, de fait, servant de levier d’action pour la planification des projets et des territoires. Il constitue une contribution intéressante à l’appui des maitres d’ouvrage qui souhaitent s’assurer de l’absence d’effets significatifs ou irréversibles sur la biodiversité (espèces, fonctionnalités), et des autorités environnementales qui veillent à ce que l’ensemble des enjeux environnementaux soient bien pris en compte dans la conception des projets d’aménagement.

Amélie GENGE, EcoConsult – Evaluation environnementale des projets ENR et d’aménagement : frein ou levier pour leur réalisation ?A l’heure d’une reprise des activités suite à la crise sanitaire du COVID-19, il est important de faire le point sur les conditions de lancement / relancement des projets d’aménagement du territoire et d’énergies renouvelables, dans un cadre réglementaire évolutif. Cette crise nous fait encore plus remettre en question nos modèles méthodologiques. Les aménageurs et opérateurs auront besoin de mettre en œuvre un changement nécessaire de pratiques et de nouvelles méthodes circulaires de gestion de projets pour s’inscrire dans la transition énergétique et écologique de nos territoires et notamment la réalisation des projets et les démarches à effectuer pour augmenter progressivement la part d’énergies propres dans le mix énergétique français : plus particulièrement, l’évaluation réglementaire des impacts sur l’environnement et la consultation et participation du public aux opérations d’aménagements et d’infrastructures ENR, en marge des objectifs ambitieux de développement des énergies renouvelables. Cette intervention a donc pour objectif d’aborder concrètement les questions suivantes, et soulever le débat ensemble sur : Comment sensibiliser les aménageurs et opérateurs aux effets utiles sur le long terme du respect des normes environnementales réglementaires pour la réalisation de leurs projets, gage d’une bonne intégration sur les territoires ? Comment répondre aux attentes des services instructeurs et les impliquer dans un accompagnement pédagogique des porteurs de projets ? Comment faire contribuer de manière constructive les collectivités, experts et associations d’usagers dans la réalisation des projets ? Plus globalement, comment ne pas opposer préservation des écosystèmes et développement d’activités et de projets participant à la transition énergétique?

Stanislas ZANVO, Laboratoire d’Écologie Appliquée/Université d’Abomey-Cavali – Assessing the spatiotemporal dynamics of endangered mammals through local ecological knowledge combined with direct evidence: the case of pangolins in Benin (West Africa) Although pangolins are the most traded mammals in the world, their conservation status remains uncertain through most of their ranges, and notably in western Africa. Using local ecological knowledge in combination with direct occurrence evidence, we assessed the distribution and abundance of the white-bellied pangolin (Phataginus tricuspis) and the giant pangolin (Smutsia gigantea) in Benin over the last two decades (1998 – 2018). We organised focus groups with local hunters in 312 villages within sampling units of 25 km x 25 km covering the whole country. Participatory maps of past and current geographic ranges of pangolins combined with direct evidence (96 collected scales) suggested that the white-bellied pangolin had a wide distribution and reached higher latitudes than previously known, whereas the giant pangolin could be restricted to a single forest and has been absent from the northern part of the country over the last two decades a minima. Local hunters perceived a significant decline of the white-bellied pangolin (range contraction = 31 % in 20 years) and almost unanimously an extirpation of the giant pangolin (93 %), the latter being restricted to the Alibori forest reserve (northern Benin). Protected areas were identified as the main potential occurrence zones for pangolins: 77 and 100 % of the potential geographic ranges of the white-bellied and the giant pangolins, respectively, overlapped partially or totally with the protected area network of Benin. Using a generalized linear model, we showed that the probability of reporting recent observations of the white-bellied pangolin was significantly higher for villages near protected areas and distant from main roads. The forests perceived as having sustainable populations of white-bellied pangolins were the Lama Forest reserve (southern Benin) and the complex comprising Monts Kouffé – Wari Maro – Ouémé supérieur (central Benin), a view that was supported by the great number of direct occurrence evidence collected in those areas. Overall, our study highlights an important geographic range contraction of the white-bellied pangolin and an almost entire extirpation of the giant pangolin over the last two decades in Benin.

Aimé Chrysostome GANSA HOUÉNAFA, Université Nationale d’Agriculture du Bénin – Threatened Anuran species in Ouémé Valley in Benin and conservation measuresAnurans are living beings which present very great environmental and socio-economic importances for populations. In Benin as elsewhere, anthropogenic pressure is increasing daily on these resources. Thus, to contribute to the conservation of Anurans biodiversity while promoting their exploitation by populations, a study was carried out in Benin, on Anurans diversity and the exploitation way of Frogs in Ouémé Valley. Anurans have been inventoried in five types of herpetological habitats per Commune. In each habitat, the inventory was carried out at night with head torches. Visual and auditory detections are used to observe, count, photograph and / or capture specimens. The species were determined using the identification keys and confirmed at the Museum Fûr Naturkunde Berlin of Leibniz of Institute for Evolution and Biodiversity Science. Then 390 frogs catcher were subjected to a questionnaire on exploitation of frogs. The specific richness of Anurans in Ouémé Valley amounts to 36 species whose four species among these species encountered for the first time in Benin: Bufo sp, Afrixalus fulvovitattus, Xenopus fishbergi and one undetermined species. Among the inventoried species, Hyperolius torrentis is a critically endangered species and two of the most exploited species for consumption are threatened with extinction: Hoplobatrachus occipitalis and Aubria subsigillata. Face this situation linked to the destruction of habitats and the uncontrolled and unregulated exploitation of Frogs in Ouémé Valley, it is necessary to protect the habitat of these organisms and develop their breeding for restocking and consumption.