Le Programme Ecolo’Tech

Antoine ADAM – Président Salon de l’Ecologie

Isabelle TOUZARD – Vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée à la Transition écologique et solidaire, à la Biodiversité, à l’Energie, à l’Agroécologie et à l’Alimentation [Représente M. Michaël DELAFOSSE, Président de 3M].

Philippe AUGÉ – Président de l’Université de Montpellier (vidéo)

Éric GARNIER – Directeur du LabEx Cemeb

Emmanuel LE CLÉZIO – Co-Directeur du LabEx NUMEV

La session 1 sera ouverte par une conférence de Yildiz AUMEERUDDY-THOMAS, Directrice de Recherche et Coordinatrice de l’Equipe Interactions Bioculturelles au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CNRS) et experte à l’IPBES ; et M. Nigel Thomas CRAWHALL, Chef de la Section Petites îles et savoirs autochtones, Division pour la renforcement des capacité des politiques de la science, Secteur des Sciences Exactes et Naturelles, UNESCO [Représenté par Véronica GONZALEZ GONZALEZ, Spécialiste du programme Systèmes de Savoirs Locaux et Autochtones (LINKS)]. Cette ouverture se terminera par une séance questions/réponses de 20 minutes.

Pour égailler la pause, Nadège FÉRON (@nadegeferon) et Moins12Prod (@moins12prod) nous plongerons dans leur univers inspiré par la poésie du vivant à travers une performance artistique.

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Edgar HODYS, Alternative TechnologyPilotage du climat par modulation du CO2 atmosphériqueLa concentration de gaz a effet de serre atmosphérique est une composantes majeure qui agit directement sur le climat. Parmi ces gaz à effet de serre le CO2 joue une rôle essentiel. Il est donc essentiel d’en modeler la quantité. Pour ce faire de nouvelles technologies ont vu le jour qui permettent de régler la concentration de CO2 atmosphérique, c’est que nous allons présenter et qui restitue, par électrolytes, du C solide et du O2 gazeux. Cette technologie est application directe de nos générateurs d’énergie électrique de technologie propriétaire dite RERM.

Sarah LETAÏEF, Laboratoire G2ZOComment les végétaux révèlent-ils une dissymétrie des dépôts de polluants de part et d’autre des autoroutes A9/A709?Cette étude fait partie d’un plus large projet qui se focalise sur le rôle de quatre merlons arborés dans l’amélioration de la qualité de l’air aux abords d’une autoroute de 12 voies de circulation à l’Est de Montpellier. La mise en place de plusieurs structures anti-bruit a permis d’atténuer de manière significative l’impact sonore du trafic au niveau de Saint-Aunès, petite ville de 3500 habitants située dans la zone péri-urbaine de Montpellier. Il s’agit de 3 merlons arborés de géométrie classique, monticules de terre de plusieurs mètres de haut posés directement sur une topographie sub-horizontale ainsi qu’un merlon posé sur un escarpement artificiel crée lors de la construction de l’autoroute qui a la particularité d’être surmonté d’un mur anti-bruit de 5m de hauteur. Nous proposons d’étudier le rôle de ces configurations sur la captation des particules fines issues du trafic autoroutier en mesurant les propriétés magnétiques et géochimiques de leur dépôt sur des surfaces accumulatrices comme le sol, les filtres artificiels et les feuilles d’espèces végétales présentes sur les merlons.

Juliette LANGLOIS, Laboratoire MARBECLa perception esthétique des récifs coralligènes est-elle représentative de leur santé et de leur valeur écologique ?La biodiversité́ terrestre est menacée par une vague d’extinctions massives et de nouvelles mesures de conservation doivent être mises en place. Promouvoir les services écosystémiques culturels (CES) peut être un moyen efficace de motiver à la conservation. L’un de ces CES, la perception esthétique des paysages est un des piliers de cette stratégie puisqu’elle reflète la dimension affective de la relation que l’humain entretient avec la nature. La perception esthétique d’un paysage peut être source d’inspiration, de réconfort, augmenter le bien-être de l’observateur. Les récifs coralligènes sont l’un des écosystèmes les plus riches mais également les plus vulnérables de la mer Méditerranée, menacés par des pressions anthropiques très fortes. Comprendre comment cet écosystème menacé produit, à travers sa biodiversité une réponse émotionnelle du public peut nous aider à actionner un important levier de motivation pour sa conservation. A partir de l’évaluation antérieure de la valeur esthétique de 95 récifs coralligènes de Méditerranée française par des humains, le score esthétique de 7768 photos a été calculé grâce à un algorithme de deep learning. Pour quantifier et caractériser les liens entre l’évaluation factuelle de l’état écologique des récifs coralligène et la perception humaine de cet écosystème, le score esthétique a été comparé à des mesures environnementales et de biodiversité. Enfin, les distributions géographiques du score esthétique et d’un indice compilant les diversité taxonomique, phylogénétique et fonctionnelle ont été comparées. Les résultats soulignent le fort impact de la diversité́ fonctionnelle, de la présence ou absence de certaines espèces et de la diversité́ taxonomique sur le score esthétique. La cartographie quant à elle met en lumière le biais existant entre la santé des écosystèmes, leur valeur écologique et la perception de leur esthétisme par l’œil humain. Une éducation à la biodiversité́, basée sur la compréhension du fonctionnement des écosystèmes et dispensée dans un contexte d’expérience esthétique engagée, pourrait être envisagée pour réduire ce biais.

Anne-sophie TRIBOT, Laboratoire TELEMMe et Institut Méditerranéen d’OcéanologieProjet BiodivAquart : La biodiversité aquatique dans l’artLe projet BiodivAquArt, pour Biodiversité aquatique dans l’Art, consiste à utiliser les représentations passées de la biodiversité pour mieux comprendre la relation Homme-Nature. Fruit d’une collaboration établie entre un historien (Daniel Faget) et un biologiste (Thomas Changeux), ce projet transdisciplinaire propose d’appliquer les méthodes quantitatives de l’écologie à l’ensemble exceptionnel constitué par les œuvres d’art produites en région méditerranéennes depuis l’Antiquité. En tant que projet d’écologie historique, BiodivAquArt part du principe qu’une meilleure connaissance des situations passées va permettre de mieux appréhender les enjeux contemporains de conservation de la biodiversité et de gestion des ressources exploitées par pêche.

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La session 2 sera ouverte par une conférence de Léa SÉBASTIEN, maître de conférences en géographie à l’université Toulouse 2 Le Mirail, chercheuse au Laboratoire Aide à la résolution de conflits environnementaux et Magali ROSSI, Chargée de mission développement régional pour Forest Stewardship Council.

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Arnaud LE BEUZE, Service Eau Rivières AssainissementL’approche transversale comme levier de changement

Le Service Eau Rivière Assainissement de la communauté de communes Lodévois et Larzac a entamé depuis 2018 un rapprochement avec tous les acteurs ou intervenants de son territoire qui s’est concrétisé autour de la mise en place d’un Observatoire des Milieux et comme lauréat d’un appel à projet Biodiversité et la mise en place d’un ambassadeur de la biodiversité. En faisant appel à l’ingénierie de la concertation, la position des différents acteurs s’est précisé au cours du temps et occupe aujourd’hui un champ transdisciplinaire, des sciences dures à la culture où le respect, la découverte de l’environnement et les risques qui pèsent sur lui sont déclinés sous toutes leurs formes pour toucher tous les publics et induire un changement des regards et des comportements.

Annabelle PRIN-COJAN, être et avoirQuelles sont les attentes écologiques des individus envers leur employeur et le territoire ?

Cette session présentera les résultats d’une étude scientifique qui explore les mécanismes de changement de comportements des individus, des organisations et des territoires en faveur de la biodiversité. Elle est le fruit d’une collaboration entre deux laboratoires de recherche le CEREGE (Université La rochelle) et le CREGO (Université de Bourgogne) et d’Annabelle Prin-Cojan, Fondatrice d’Être et Avoir.
Nous entretenons des relations de dépendance complexes vis-à-vis des entreprises pour lesquelles nous travaillons et qui produisent ce que nous consommons, des territoires dans lesquels nous vivons, et des écosystèmes naturels qui assurent des fonctions vitales pour notre espèce. La session commencera par la présentation de l’étude scientifique : 1) état de l’art, modèle et hypothèses de recherche ; 2) méthodologie et résultats ; 3) discussion et pistes d’applications en fonction des types d’interlocuteurs : citoyen/collaborateur/entreprise/décideur public (territoire).
La session développe la réflexion suivante :
A) à la suite des accords d’Aichi, il nous est difficile d’envisager la transition écologique autrement que par des prises de consciences qui se traduiraient par de nouveaux comportements dans les différents champs d’action concernés : consommation, engagement citoyen, décision en entreprise et décision publique
B) pourtant, même s’ils sont le fruit de nos actions intentionnelles, nos systèmes possèdent leurs propres dynamiques et échappent en partie à notre maîtrise, au même titre que les écosystèmes.
C) nous proposons de ne pas réduire le problème à la question de la rationalité des décisions mais d’intégrer les systèmes dont nous dépendons pour mener nos existences.
D) cette compréhension est essentielle pour mieux comprendre les leviers dont nous disposons pour protéger la biodiversité.
Nous pressentons que les individus ressentent lorsqu’ils ont un lien avec la nature (soit enfance soit présent) les bénéfices apportés par la nature et que l’envie de la protéger et de réduire son impact est intimement lié à l’expérience personnelle. Pourtant le lien n’est pas forcément fait dans l’entreprise ou dans le territoire et le sentiment de d’impuissance revient souvent. De part cette étude nous souhaitons encourager les comportements vertueux personnels sans barrière entre les différents cercles individuels/travail/lieu d’habitation et mettre en avant pour les entreprises/organisations et territoires la nécessaire implication sur cet enjeu central.
Nos expériences de professionnels et de chercheurs nous ont confortés dans l’idée suivante : le partage de connaissances sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés et des mécanismes qui limitent nos capacités à les résoudre est un moteur pour l’action. Ce constat concerne autant le grand public que les spécialistes.
Après l’échec des objectifs 2020, nous risquons de voir des positions de plus en plus radicales se développer avec comme corolaires la défiance et les procès d’intentions qui bloquent l’action. Or les conflits sont inhérents à la situation inédite que nous vivons. La recherche en sciences de gestion que nous réalisons vise à contribuer à maintenir ce dialogue constructif entre acteurs économiques et territoriaux engagés pour la conservation de la biodiversité.

Amélie GENGE, AG-EcoconsultCompensation écologique et circularité des projets d’aménagement et d’énergies renouvelables

Au vu des rapports publiés en 2019 par l’IPBES sur l’état de déclin avancé de la biodiversité, et par le GIEC sur l’urgence à agir pour maintenir un niveau de réchauffement climatique le plus bas possible, nous sommes dans une période transitoire essentielle en matière de gestion des activités, projets, territoires et ressources. Ce sujet complexe à enjeu fort a vocation d’aborder le changement des pratiques d’aménagement du territoire à effectuer en profondeur face aux crises sociétales actuelles (climatiques, sanitaires, environnementales). C’est dans ce cadre que la compensation écologique et le principe de circularité prennent tout leur sens.
A l’aube du changement fonctionnel de notre société, il est important d’avoir une vision transversale de nos méthodes. Cela s’illustre notamment par le passage de l’économie linéaire actuelle à l’économie circulaire future, de l’étude plus fine des ressources générées par les activités, composantes des territoires à mettre en lien, émergence de nouveaux espaces pouvant être protégés, et espaces dédiés au maintien, adaptation et développement des activités.
La PPE fixe l’objectif d’une accélération du développement des énergies renouvelables. Le système énergétique sera alors capable d’atteindre les objectifs de la loi pour 2030. La réglementation française s’est également densifiée pour réduire l’artificialisation des sols, jusqu’à atteindre l’objectif 0 artificialisation pour 2030 dans le cadre du Plan Biodiversité 2018. Nous sommes face à un défi majeur multifactoriel pour les maîtres d’ouvrages et les territoires : nous devons à la fois augmenter les capacités d’énergies renouvelables, en améliorant les parcs existants et développant de nouveaux projets, tout en améliorant les pratiques pour préserver biodiversité et écosystèmes.
Comment faire concrètement ? Plusieurs étapes : identification des territoires, quantification de la compensation, localisation des opportunités de compensation. Il est important d’avoir une vision systémique et de bien connaître les spécificités des territoires impactés et limitrophes pour envisager une compensation efficiente. Une bonne connaissance des acteurs permet également de mettre en œuvre une compensation circulaire. Les opérateurs peuvent mutualiser leur compensation et impliquer les experts locaux dans son animation. Il est essentiel de s’interroger sur les méthodologies de caractérisation des mesures environnementales, la différence constatée entre théorie et pratique à posteriori de leur définition, leur coût, leur impact sur l’environnement. La nécessité de préservation des ressources doit être pris en compte par les maîtres d’ouvrages dès l’élaboration de leurs projets en phase d’évaluation environnementale afin qu’ils soient en adéquation avec les enjeux territoriaux.

Adrien BRUNEL, Laboratoire MARBECAccount for uncertainty in Marine Spatial Planning : Monte-Carlo approach within reserve site selection tools

Marine environment is now seen as tomorrow’s «blue growth» areas while already being at the heart of multiple anthropic pressures (fishing, aquaculture, shipping routes, seabed exploitation, recreational activities, renewable energies, etc.). Marine Spatial Planning (MSP) places itself as a rational collective decision-making process regulating marine use of space and resources in order to reduce tensions between use and conservation but also between ocean stakeholders. Consequently, MSP broadly diffused and eventually emerged as the favoured governance method among management institutions in the frame of sustainable development. Collective mobilisation is inherent to MSP because its process relies on spatially explicit cross-disciplinary data (ecological, legal, social, economic, etc.).
In this evidence-based systematic framework, decision support tools (DST) turned out to be inevitable to rationally enlighten the decision-making process. Conservation institutions identified marine reserve as an essential part of the solution to ensure biodiversity persistence. In particular, the International Union for Conservation of Nature (IUCN) sets an ambitious goal of 30% protection for each marine eco-region against less than 8% today. Consequently, systematic reserve site selection tools are needed to avoid ad-hoc and opaque conservation choices. Reserve design DSTs thus quickly became a worldwide research and operational stake. Since the 1990s, reserve site selection problem is consensually understood within an integer programming framewok. Besides, recent emergence of efficient exact optimisation solvers makes possible to consider methods that unreasonable in the past.
Accounting of uncertainty in reserve selection is a clear identified research gap and further developments are vital for planners to allow robust choices for biodiversity persistence through time. This statement makes even more sense for tropical coastal countries especially concerned by the climate change and data-poor context. Therefore, a Monte-Carlo approach combined to exact integer programming solvers will be proposed. Indeed, such approach allows to represent and a posteriori account for uncertainty in reserve site selection problems in a quite simple and low effort way. A priori account for uncertainty with exact solvers will be introduced as a future work perspective.
Practically, our study case for scenarii simulation takes place in Fernando de Noronha archipelago in Tropical Atlantic.

Alicia MALLET, P2A DéveloppementProgramme d’étude et de valorisation d’une ressource marine, la « noisette de mer »

Les mollusques marins font partie des pêcheries d’invertébrés les plus importantes du monde. Certaines espèces ont une grande valeur commerciale sur les marchés internationaux et jouent un rôle social important dans le secteur de la pêche petit métier. La noisette de mer, Nassarius mutabilis est un gastéropode marin, surexploité en Adriatique depuis plus de 10 ans. Le manque de connaissance de l’espèce est un véritable obstacle à la mise en place d’un plan de gestion durable de la ressource. En France, 5 tonnes sont pêchées par semaine dans le Golfe du Lion et aucune mesure de gestion ne sont mise en place actuellement. Les enjeux écologiques et économiques liés à cette espèce ont permis de mobiliser les fonds européens pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) pour la mise en place d’un projet de grande ampleur, sur une durée de 3 ans impliquant la mobilisation de nombreux organismes (professionnels de la pêche et leurs organismes de gestion, scientifiques, Centre d’étude pour la promotion des activités lagunaires et maritimes et bureau d’étude). Les études biologiques, menées notamment sur le cycle reproducteur de l’espèce font l’objet d’une publication scientifique. Les résultats ont permis d’approfondir la question de l’hermaphrodisme séquentiel décrit par les études Italiennes (Polidori et al.,2015). D’autre part, nos résultats pourraient expliquer les échecs de gestion mis en place en Italie jusqu’à présent. Au-delà des aspects économiques important pour la pêche et des enjeux écologique de conservation de la biodiversité, ce programme fait l’objet d’un exemple de sensibilisation auprès des principaux acteurs influents sur de nombreuses espèces marines.

La Société Française d’Écologie et d’Évolution (SFE²), Humanité et Biodiversité (H&B), l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) et la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) s’associent afin de promouvoir « l’écologie impliquée » en offrant chaque année une bourse de 5000 euros. Cette bourse en hommage à Robert Barbault et Jacques Weber peut être utilisée pour financer une partie spécifique d’un projet plus vaste faisant appel à d’autres sources de financement.